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Impôts : les nouveautés applicables en 2020

Impôts : les nouveautés applicables en 2020

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Le projet de loi de finances actuellement en débat devant le Parlement contient plusieurs mesures destinées à réduire les impôts des particuliers et à simplifier leurs obligations fiscales. 

Baisse d’impôts sur les revenus de 2020

Conformément aux engagements pris par le Président de la République lors du Grand débat national, une baisse d’impôt substantielle va être accordée aux contribuables des classes moyennes. Elle s’appliquera à compter de l’imposition des revenus perçus en 2020. Les ménages concernés en profiteront dès le 1er janvier prochain, grâce à une diminution de leur taux de prélèvement à la source.

Réforme du barème de l’impôt et de la décote
Les contribuables imposables dans les deux premières tranches du barème de l’impôt vont bénéficier d’une baisse d’impôt de 5 milliards d’euros sur leurs revenus perçus à compter de 2020. Cette baisse se traduira par une réforme du barème progressif de l’impôt sur le revenu et par un élargissement de la décote accordée aux foyers faiblement imposés.

D’une part, le taux de la première tranche de revenus imposables passera de 14% à 11%, et les seuils de revenus des tranches de revenus imposables à 30% ou 41% seront diminués. D’autre part, la décote accordée aux foyers dont l’impôt ne dépasse pas un certain plafond sera étendue à davantage de ménages faiblement imposés.

Selon les estimations de Bercy, près de 17 millions de contribuables devraient bénéficier de ces aménagements et profiter de la baisse d’impôt annoncée. Les foyers imposables actuellement au taux de 14% verront leur charge fiscale diminuer de 350 € en moyenne et ceux imposables au taux de 30% d’environ 125 € (pour les célibataires) ou 250 € (pour les couples). En revanche, les foyers aux revenus les plus élevés, imposables au taux de 41% ou de 45%, ne bénéficieront pas de la mesure. L’imposition de leurs revenus de 2020 sera équivalente à celle de leurs revenus de 2019.

Bon à savoir
Un simulateur en ligne sur le site des impôts permet de calculer le montant de la baisse d’impôt dont vous profiterez sur vos revenus de 2020. Pour la calculer, il suffit de renseigner votre nombre de parts de quotient familial, votre situation de famille, votre lieu de résidence et le montant de vos revenus imposables.

Diminution du taux du prélèvement à la source dès janvier 2020
En principe, la baisse d’impôt prévue devrait produire ses effets en 2021, lorsque l’administration fiscale calculera l’impôt dû sur vos revenus perçus en 2020. Toutefois, pour vous permettre d’en bénéficier dès le début de l’année prochaine, le taux de prélèvement à la source applicable à vos revenus perçus à compter du 1er janvier 2020 va être recalculée.

L’administration fiscale appliquera le barème de l’impôt modifié et la décote élargie à vos revenus imposables perçus en 2018. Cela lui permettra de déterminer un nouveau taux de prélèvement qui intégrera la baisse d’impôt. Ce nouveau taux sera transmis par le Trésor Public à votre employeur ou à votre caisse de retraite en début d’année. Ainsi, dès le 1er janvier 2020, le taux de prélèvement applicable à vos revenus sera inférieur au taux de prélèvement supporté actuellement. Vous encaisserez donc un revenu net d’impôt légèrement plus important.

 

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Retraite : comprendre le système par répartition

Retraite : comprendre le système par répartition

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Le système de retraite Français est fondé sur le principe de la répartition. Les cotisations des actifs servent à payer les pensions des retraités qui eux-mêmes ont payés les pensions de leurs ainés… Ce système est donc fondé sur la solidarité entre les générations.

Un système de retraite par répartition efficace suppose un équilibre entre le montant des retraites versées et le montant des cotisations prélevées. Or le ratio cotisants/retraités ne cesse de s’éroder. En 1960, à un retraité correspondaient 4 actifs. En 2018, le chiffre est de 1,7 actif pour 1 retraité. Selon les prévisions du Conseil d’Orientation des Retraites (Cor), le chiffre devrait être de 1,5 cotisant par retraité en 2040 *.

Vieillissement de la population
Depuis le début des années 2000, les départs en retraite sont nombreux : les générations du baby-boom (de 1946 à 1972) sont parties à la retraite ou le feront dans les prochaines années. Cet effet démographique est amplifié par l’allongement de la durée de la vie. L’espérance de vie d’une personne de 60 ans était de 19,7 années en 1994. Elle est de 23,5 années en 2018 et pourrait atteindre 31 ans en 2070*.

Le volume des retraites à servir est donc de plus en plus important. Côté recettes (montant des cotisations) les indicateurs sont également dans le rouge. Le nombre d’entrées dans la vie active fléchit car à partir des années 1970, les effectifs des générations diminuent. Par ailleurs, le niveau du chômage joue un rôle important sur le nombre de cotisants.

Baisse du taux de remplacement
Le taux de remplacement désigne ce que représentent le montant des pensions perçues pendant la 1ère année de retraite par rapport aux revenus professionnels de sa dernière année d’activité. Pour un salarié non-cadre du privé né en 1955 ayant accompli une carrière complète, ses retraites correspondraient à 75% de son dernier salaire. Cependant, pour la génération 2000 le taux se situerait entre 63 et 68% selon le scénario économique retenu*.

Pour les cadres, le taux de remplacement est plus faible. Par exemple, pour la génération 1955 il serait de 56,2% pour un départ à la retraite à 62 ans et de 64% pour un départ à 67 ans**. La perte pour les indépendants, les professions libérales est bien souvent encore plus forte.

Anticiper la baisse de ses revenus
Pour maintenir son niveau de vie, une fois à la retraite, plusieurs pistes sont à explorer : assurance-vie, investissement immobilier, épargne retraite individuelle ou dans le cadre de son entreprise… Le choix dépend, entre autres, de la capacité d’épargne et du niveau d’imposition du citoyen actif. En tout état de cause, il est recommandé de commencer à épargner pour sa retraite le plus tôt possible pour étaler dans le temps l’effort à fournir.

L’épargne retraite et la Loi Pacte
L’épargne retraite constitue une piste à privilégier pour compléter sa future retraite. Au-delà du maintien de revenus à la retraite, cet outil permet souvent de réduire son imposition. La Loi pour la croissance et la transformation des entreprise (dite Loi Pacte) du 22 mai 2019 crée, au 1er octobre 2019, un nouveau dispositif plus lisible : le Plan d’Épargne Retraite (PER) composé de trois compartiments.
• Le PER individuel regroupera les actuels Perp, contrat Madelin et Préfon.
• Le PER collectif remplacera le Perco
• Le PER d’entreprise les retraites supplémentaires de l’article 83.

Les sommes investies sur le PER demeurent bloquées jusqu’à la retraite. Cependant, les circonstances exceptionnelles dans lesquelles un retrait anticipé est possible sont harmonisées et étendues à l’achat de sa résidence principale. Par ailleurs, tous les versements volontaires de l’épargnant sont déductibles du revenu pour le calcul de l’impôt sur le revenu, y compris ceux opérés par le salarié sur le PER collectif (ce qui n’était pas le cas jusqu’ici). Les limites de déduction demeurent inchangées.

* Rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites/COR de juin 2019.
** Rapport annuel du Cor de juin 2017

 

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Retraite : les leviers d’actions du gouvernement. À quoi faut-il rester attentif ?

Retraite : les leviers d’actions du gouvernement. À quoi faut-il rester attentif ?

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Âge de la retraite, montant des cotisations et sort des réserves des régimes excédentaires de certains régimes sont au cœur des tensions. Pourtant la réforme des retraites était initialement motivée par la volonté de mettre en place d’un système juste et lisible.

Depuis les premiers échanges sur le projet de réforme, le déficit financier de l’assurance vieillesse est réapparu dans les débats. Il atteindrait 6,6 milliards d’euros en 2023 selon les prévisions du gouvernement inscrites dans le projet de loi de finances de la Sécurité sociale pour 2020.

Âge ou durée de la carrière
Repousser l’âge de départ à la retraite pénalise toutes celles et ceux qui ont commencé à travailler tôt. Allonger la durée de la carrière désavantage les entrées tardives dans le monde du travail et les parcours professionnels chaotiques. Trouver l’équilibre entre ces deux leviers de pilotage des retraites demeure l’enjeu des réformes d’hier et d’aujourd’hui. La création d’un régime universel par points n’évite pas ce débat.

L’âge légal de la retraite, aujourd’hui fixé à 62 ans, ne devrait pas être touché… au moins dans un premier temps. Si tout un chacun gardera le droit de partir à la retraite dès 62 ans en aura-t-il matériellement la possibilité ? L’institution d’un âge dit pivot fixé à 64 ans en dessous duquel il ne serait pas possible d’obtenir sa retraite sans décote, quelle que soit la durée de sa carrière, est sérieusement envisagée. Cette possibilité d’abord énoncée dans le rapport de préconisation présenté par Jean-Paul Delevoye en juillet 2019, a été reprise par Emmanuel Macron le 3 Octobre lors du lancement dans la 2ème phase du grand débat à Rodez.

Autre voie possible : l’allongement de la carrière pour obtenir une retraite sans abattement. Selon la réglementation actuelle, pour les générations 1973 et après, il leur faudra travailler pendant 43 ans.

L’acquisition des points
Elle se fait pour l’essentiel en cotisant. Moyennant une cotisation calculée sur le revenu professionnel retenu dans la limite de trois fois le Plafond de la Sécurité sociale, chaque actif accumulera des points pendant toute sa vie professionnelle. Cependant ces principes appellent plusieurs remarques.

Ce nouveau mode de calcul des cotisations est pénalisant pour les cadres supérieurs. Ils cotisent aujourd’hui sur un salaire retenu dans la limite de 8 fois le Plafond de la Sécurité sociale. Avec le régime universel, ils cotiseraient moins. Leur salaire net serait donc plus élevé mais leur retraite réduite. Les médecins libéraux se trouveraient dans une situation similaire. Tous auront intérêt à se constituer un revenu supplémentaire via l’épargne retraite.

À l’inverse, pour certaines professions libérales comme les avocats et les infirmières, le barème de cotisation envisagée représenterait une hausse de charges pouvant mettre en difficulté beaucoup de structures.

Notre système actuel favorise les carrières ascendantes. La retraite de base des salariés et des indépendants est calculée sur les 25 meilleures années de revenus professionnels et celle des fonctionnaires sur les 6 derniers mois de traitement. La retraite universelle serait, elle, le reflet de toute une carrière. Les « mauvaises années » pendant lesquelles peu de points ont été acquis compteraient et feraient ainsi baisser le montant de la pension.

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La réforme des retraites, des réformes successives

La réforme des retraites, des réformes successives

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Depuis plusieurs décennies, les gouvernements successifs ont essayé de réformer le système des retraites. Emmanuel Macron, comme ses prédécesseurs, s’attaque au sujet, qui devient de plus en plus pressant à réformer. En effet, la démographie et les différents régimes rendent de plus en plus fragile le système actuel.

Notre système des retraites actuel voit peut-être ses dernières années d’existence. En effet, le gouvernement veut le simplifier et mettre fin aux régimes spéciaux. L’ambition est de trouver une solution de financement des retraites à long terme.

Les principes fondamentaux de la retraite par répartition
Depuis 1945 et la mise en place du système de retraite par répartition les pensions versées aux retraités sont financées par les cotisations prélevées sur la population active. Ce système est actuellement constitué de 42 régimes spéciaux et chacun d’eux établit des règles spécifiques concernant l’âge de départ à la retraite, la durée de cotisation ou la base de calcul du montant de la pension de retraite. On trouve ces régimes spéciaux dans certaines entreprises publiques (SNCF, RATP…), dans d’anciennes entreprises publiques (EDF, GDF…), dans certaines branches de la fonction publique (police, armée…), voire dans certaines profession (salarié de l’Opéra de Paris, clerc de notaires, marins…).

La démographie au centre des problématiques
La distorsion entre le nombre d’actifs et le nombre de retraités s’accentue. Selon l’Insee, en 2019, 13,1 millions de personnes sont âgées de plus de 65 ans (soit, 20% de la population) et, selon les projections de l’institut de statistique, en 2070, le cap des 22 millions sera passé (soit, 30% de la population). Le nombre de personnes de plus de 75 ans va doubler et celles de plus de 85 ans pourrait quadrupler. Le vieillissement de la population est inéluctable et devrait s’accentuer. Il n’y aura donc pas suffisamment assez d’actifs pour financer les pensions de la retraite. En effet, en 2019, la France compte 1,7 actif pour 1 retraité (1,3 actif en 2070). Ce ratio est de 0,45 actif pour 1 retraité dans les régimes spéciaux*.

Les pensions de retraites varient du simple au triple
En 2016, la pension moyenne s’élevait à 1 389 euros (source Drees 2018), en hausse de 0,9% par rapport à 2015. Les revenus moyens des retraités étant supérieurs de presque 6% à ceux de la population active.
Les pensions les plus élevées sont perçues par les fonctionnaires, dont une forte proportion a un statut cadre, et par les professions libérales au revenus d’activité (et donc aux cotisations) élevés. Les pensions devraient être réindexées sur l’inflation pour les retraites de moins de 2 000 euros dès 2020 et pour toutes les retraites dès 2021.

À partir de 45 ans, chaque actif peut demander un entretien avec un conseiller à sa caisse de retraite. Il peut ainsi faire le point sur ses droits à la retraite.

Les objectifs de la réforme
Le gouvernement souhaite mettre en place un régime universel et assurer l’égalité entre les actifs. Les premières annonces sur la réforme ont été dévoilée mi-juin. Les personnes déjà à la retraite ne seront pas concernées par la réforme. Pour les actifs, chaque euro cotisé devrait donner des droits identiques, quel que soit le statut (salariés, indépendants, fonctionnaires), le secteur d’activité (privé, agricole, public). Pour permettre à ce principe de fonctionner, un système par point serait utilisé. Le système par point permettrait à chaque cotisant d’acquérir des points à un prix défini, les points accumulés étant enregistrés sur un compte unique. Lors du départ à la retraite, les points dont la valeur serait revalorisée chaque année seraient convertis en pension de retraite, en prenant comme base le prix d’un point au moment du calcul. Une retraite minimum de 1 000 euros devrait être créée, mais la mesure fait déjà polémique. Elle repose sur la mise en place d’une « âge pivot » à 64 ans pour toucher sa retraite au taux plein.
L’entrée en application de la réforme se ferait progressivement à partir de 2025 et les personnes à moins de 5 ans de la retraite au moment de la publication de la réforme ne devraient pas être concernées (celles nées avant 1963).

Depuis 25 ans les réformes des retraites se succèdent en France.

1993 : réforme Balladur
Pour le régime général, la durée de cotisation passe progressivement de 150 à 160 trimestres (de 37,5 ans à 40 ans). Le calcul se faisant sur les 25 meilleures années de carrière (au lieu de 10 auparavant)

2003 : réforme Fillon 1
Pour le régime général, la durée de cotisation passe progressivement de 160 à 164 trimestres (de 40 à 41 ans) avec une augmentation prévue selon l’évolution de l’espérance de vie. La durée de cotisation des fonctionnaires est progressivement alignée sur celle du régime général. Les produits Perp et Perco sont mis en place.

2008 : réforme Fillon 2
La durée de cotisation des régimes spéciaux (RATP, SNCF…) passe progressivement de 150 à 160 trimestres (de 37,5 ans à 40 ans).

2010 : réforme Woerth
Pour le régime général, l’âge légal de départ en retraite passe progressivement de 60 à 62 ans.

2014 : réforme Ayrault
Pour le régime général, la durée de cotisation est progressivement passée à 172 trimestres (43 ans). Un compte pénibilité est mis en place pour certaines professions.

 

 

* Source : COR (Conseil d’Orientation des Retraites)

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Comprendre le prélèvement à la source pour les couples retraités

Comprendre le prélèvement à la source pour les couples retraités

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Les pensions de retraite perçues depuis le 1er janvier 2019 sont soumises au prélèvement à la source. Cette retenue est pratiquée directement par les organismes payeurs, sur la base du taux communiqué par l’administration fiscale.

Prélèvement à la source et « année blanche »
Le taux de prélèvement applicable de janvier à septembre 2019 a été calculé à partir de vos revenus de 2017 (déclarés au printemps 2018). Votre déclaration de revenus de 2018 (effectuée en 2019) permettra à l’administration fiscale de recalculer le taux de prélèvement de votre foyer fiscal, applicable de septembre 2019 à août 2020. Cette déclaration permet également au Trésor Public de calculer le montant de votre CIMR (Crédit d’Impôt de Modernisation du Recouvrement), le dispositif spécifique destiné à neutraliser l’impôt dû sur vos revenus courants de 2018 pour éviter une double imposition en 2019. Dispositif baptisé « année blanche ».

Les retraites étant généralement versées à terme échu, la somme perçue en janvier 2019 a pu faire l’objet d’une retenue à la source même si elle correspondait au mois de décembre 2018. Cette somme versée avec un décalage d’un mois ne bénéficiera pas de l’année blanche même si elle se rapporte à 2018. Cependant, le versement reçu en janvier 2018 en bénéficiera même s’il correspond au paiement de la pension de décembre 2017.

Opter pour des taux individualisés
À la différence des salariés, il n’est pas possible de demander l’application de la grille de taux par défaut pour vos pensions de retraite. Cependant, si vous êtes marié ou pacsé, vous pouvez opter pour l’individualisation de vos taux de prélèvement. Ce choix peut être judicieux en cas de forte disparité de revenus au sein du couple, même si cela ne changera pas la charge fiscale globale du couple. Par un effet de vase communiquant, cela conduit à minorer les prélèvements de celui dont les revenus sont plus faibles et à majorer ceux de l’autre conjoint. L’option s’exerce à tout moment, à partir de votre espace personnel sur le site impots.gouv.fr, rubrique « Gérer mon prélèvement à la source ».

Vous avez pris votre retraite en 2018 ?
Si vous avez pris votre retraite en 2018, cela a plusieurs conséquences sur votre prélèvement à la source. En principe, vos revenus ont baissé depuis la date de calcul du taux de prélèvement pour 2019 (basé sur les revenus de 2017). En effet, la pension de retraite est généralement inférieure au dernier salaire perçu.

L’impôt à la source suit la courbe de vos revenus, mais si ces derniers ont fortement diminué en 2019 par rapport à 2017, le taux de prélèvement appliqué depuis janvier 2019 est peut-être trop élevé par rapport à votre nouvelle situation. Ainsi, si vous avez changé de tranche d’imposition, vous pouvez demander à l’administration fiscale de diminuer votre taux de prélèvement. Cette modulation à la baisse vous sera accordée si cela réduit vos prélèvements d’au moins 10% et 200 € par an.

Avec le CIMR (l’année blanche fiscale), l’imposition de vos salaires de 2018 est effacée. Cependant, l’indemnité de mise à la retraite perçue en 2018, reste imposable en 2019. En effet, elle est considérée comme un revenu exceptionnel.

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Le prélèvement à la source pour un couple avec enfants

Le prélèvement à la source pour un couple avec enfants

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Vos enfants à charge majorent votre quotient familial et diminuent votre impôt. Cependant, le taux de prélèvement à la source de votre foyer fiscal tient compte des revenus imposables perçus par vos enfants à charge.

Le taux de prélèvement du foyer s’applique uniquement au couple
Le taux de prélèvement calculé pour le foyer fiscal s’applique uniquement aux revenus des conjoints ou partenaires de Pacs. Il ne s’applique pas aux enfants à charge. Ceux-ci relèvent uniquement du taux par défaut pour leurs revenus personnels. Les enfants rattachés au foyer ne peuvent pas opter pour un taux individualisé, calculé sur leurs seuls revenus. Pour rappel, ce taux individualisé permet au couple de minorer le taux de celui dont les revenus sont plus faibles et de majorer celui de l’autre. Il est généralement utilisé quand il y a une forte disparité de revenus.

En pratique, si votre enfant gagne moins de 1 404 euros nets par mois (en 2019), il ne subit aucune retenue sur son salaire, le taux par défaut étant égal à 0% jusqu’à ce montant. Ainsi, votre enfant apprenti ou stagiaire en entreprise n’aura pas de retenue à la source sur ses rémunérations. En effet, elles sont fiscalement exonérées à hauteur du Smic annuel et restent, en pratique, inférieures à la première tranche de la grille de taux par défaut. S’il est embauché en contrat court ou sans terme précis, un abattement de 624 € (en 2019) s’applique à sa rémunération des deux premiers mois. Ainsi, son salaire est exonéré de retenue s’il est inférieur à 2 027 € net par mois (en 2019).

Pour les revenus perçus en 2019, l’administration fiscale régularisera en 2020 les prélèvements opérés sur ses salaires. Pour cela, elle s’appuiera sur les montants inscrits sur sa déclaration de revenus personnelle, ou sur la vôtre s’il reste rattaché à votre foyer fiscal.

Le rattachement au foyer fiscal reste intéressant
Le prélèvement à la source modifie le paiement de l’impôt, mais pas son mode de calcul. Il faut donc vérifier chaque année si vous avez intérêt à rattacher votre enfant à votre foyer fiscal. Une possibilité offerte jusqu’à ses 25 ans s’il poursuit des études, ou jusqu’ à ses 21 ans dans le cas contraire. Le rattachement majore votre quotient familial. Il permet également d’alléger votre taxe d’habitation. En pratique, il faut comparer cette situation avec la déduction d’une pension alimentaire pour son entretien pour déterminer la solution la plus avantageuse.

Si votre enfant était rattaché à votre foyer et s’il a déposé une déclaration de revenus personnelle en 2019 (pour ses revenus 2018), son salaire cessera d’être taxé à un taux par défaut à partir de septembre 2019. À cette date, son taux personnalisé aura été transmis aux organismes tiers collecteurs. À contrario, si vous avez continué à le rattacher à votre foyer en 2019, il reste soumis au taux par défaut et les prélèvements effectués sur ses revenus en 2019 viendront en diminution de l’impôt dû par votre foyer fiscal en septembre 2020.

Signaler tout changement de situation familiale
L’arrivée d’un enfant au foyer (naissance ou adoption) augmente immédiatement vos charges. Cependant, votre quotient familial sera majoré l’année suivante au vu de votre déclaration de revenus. Pensez à le signaler à l’administration fiscale dans les 60 jours pour lui permettre de recalculer immédiatement votre taux de prélèvement à la source.

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Quelle évolution du pouvoir d’achat en 20 ans ?

Quelle évolution du pouvoir d’achat en 20 ans ?

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Avec l’arrivée de l’euro, les Français ont l’impression d’avoir perdu en pouvoir d’achat. Cependant, même si celui-ci a beaucoup évolué depuis 1999, il n’a pas vraiment baissé dans le portemonnaie des habitants de l’hexagone.

Il y a 20 ans la France, comme les autres pays de la communauté européenne, passait du franc à l’euro. Une nouvelle monnaie accusée d’avoir eu un impact négatif important sur le pouvoir d’achat des Français, ces derniers accusant l’euro de la hausse des prix. Cependant, contrairement à cette idée reçue, les Français n’ont pas perdu de pouvoir d’achat depuis l’arrivée de l’euro. Une étude Xerfi, qui a étudié l’évolution du pouvoir d’achat depuis 1999, le pouvoir d’achat des Français aurait même augmenté de près de 20% depuis l’entrée en vigueur de l’euro. Un constat confirmé par l’Insee qui recense le pouvoir d’achat dans l’hexagone depuis les années 40.

Pour rappel
Pour un ménage, le pouvoir d’achat mesure sa capacité à consommer grâce à son revenu disponible. Il dépend donc à la fois de l’évolution des revenus et de l’évolution des prix.

Une belle évolution jusqu’à la crise de 2008
De la fin des années 80 jusqu’à l’arrivée de l’euro, le pouvoir d’achat a fortement progressé. Les salaires n’ont pas cessé d’augmenter, portés par une croissance économique dynamique à 2,8% par an en moyenne. Par ailleurs, des réductions d’impôts et de la TVA (de 20% à 19,6%) avaient bénéficié à l’amélioration du pouvoir d’achat. Les citoyens bénéficiaient également d’une baisse des prélèvements obligatoires, dont la hausse avait été particulièrement marquée entre 1993 et 1997 passant de 43,9% à 46,1% du PIB. Cependant, 2001/2003, avait été une période compliquée, avec une baisse du pouvoir d’achat liée à l’explosion de la bulle Internet. L’année 2003 avait été difficile en terme d’emploi et de salaires, mais le pouvoir d’achat était reparti à la hausse jusqu’en 2007. La crise financière de 2008 a marqué un coup d’arrêt dans cette progression. À ce moment, l’activité recule, l’inflation et le chômage repartent à la hausse et le pouvoir d’achat plonge de 1,1% en 9 mois. Une première depuis 1984 ! La politique économique du pays s’appuie alors sur les amortisseurs sociaux et une politique de dépense publique visant à soutenir la demande intérieure. La pression fiscale diminue, notamment avec la défiscalisation des heures supplémentaires, mais cela fait exploser le déficit budgétaire. La pression fiscale redémarre et les Français perdent de nouveau du pouvoir d’achat 3 années de suite entre 2011 et 2014. Il redémarre doucement grâce avec une inflation basse, au CICE qui s’est en partie transformé en subvention indirecte boostant les salaires, et enfin grâce à une pause dans la hausse de la pression fiscale. Depuis, le pouvoir d’achat continue à progresser lentement grâce notamment aux moteurs d’aides publiques.

Les logements pèsent le plus sur le pouvoir d’achat
Depuis une trentaine d’années, le prix des logements anciens comme celui des loyers augmentent plus vite que les prix à la consommation. La hausse est particulièrement importante pendant la dernière décennie, pour le prix des logements anciens. Pourtant, si on analyse le rapport entre l’indice des loyers (prix au mètre carré à qualité constante) et le revenu disponible moyen des ménages, on s’aperçoit qu’il a peu évolué depuis les années 1970. Cela signifie que pour obtenir un logement de surface et de qualité données, la part des revenus que les ménages doivent y consacrer est restée, en moyenne, sensiblement la même.

Les dépenses technologiques, une nouveauté pour le pouvoir d’achat
De manière assez logique, avec la hausse de la consommation de biens comme les téléphones, Internet et les ordinateurs, les ménages voient leurs dépenses augmenter, sans pour autant voir leurs revenus le faire. Cela pèse de manière générale sur le pouvoir d’achat qui n’a pas augmenté autant que l’évolution des taux d’équipement de ces nouveautés technologiques. Le taux d’équipement, à commencer par la télévision ou les laves linge, n’ont cessé d’augmenter pendant les années 60/70 passant de la « possibilité d’acheter » à la « volonté de posséder » ces biens devenus indispensables dans la plupart des foyers. Les téléphones portables suivent la même tendance, passant de la capacité à acheter car ce sont des biens chers à la possibilité de les acheter, même chères. Or, le pouvoir d’achat n’a pas augmenté au même rythme que les prix de ces équipements, l’inflation sur ces biens étant très forte et le taux de rééquipement suivant la même tendance.

Un exemple emblématique : le prix de la baguette de pain
Un an avant l’introduction de l’euro, la baguette coûtait environ 4,33 francs, soit 0,66 euros. En 2018, la baguette coûtait en moyenne 0,87 euros (5,70 francs), soit une augmentation de 1,7% par an. Cependant, dans le même temps, les salaires ont également augmenté. Le Smic horaire était de 6,67 euros en 2001 alors qu’il est aujourd’hui à 9,76 euros, soit une augmentation de 2,4% par an. Le pouvoir d’achat (comparaison de l’évolution des revenus et des prix) n’a donc pas baissé suite au passage à l’euro.

Le pouvoir d’achat, contrairement aux idées reçues, n’a pas baissé et a même augmenté notamment dans certaines tranches de population. Cependant, les nouveaux modes d’équipements des foyers jouent un rôle important dans l’idée que s’en font les ménages. Cette impression risque de se poursuivre, car les nouveautés technologiques sont de plus en plus consommés par les Français.

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Internet, smartphones et réseaux sociaux ont transformé nos vies et nos modes consommation

Internet, smartphones et réseaux sociaux ont transformé nos vies et nos modes consommation

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En 1981, le géant IBM lançait le premier ordinateur portable, dix ans après, le premier site web voyait le jour et en 2007, Steve Jobs présentait un OVNI appelé iPhone. Ces trois dates clefs ont bouleversé le monde. De nos jours, peu de personnes peuvent se passer d’Internet ou de leur smartphone. Retour sur une révolution toujours en marche.

Ancien et nouveau monde 
En 1991, les adolescents passaient de longues heures accrochés au téléphone familial, lui-même souvent accroché à un mur. Aujourd’hui, ils tchatent sur Snapchat, gardent le contact en permanence sur Instagram ou se font des amis sur Facebook. Leurs parents, quand ils ne font pas comme eux, s’envoient à minima des SMS et ont presque tous leurs profils sur Facebook ou LinkedIn. Toute la famille regarde, ensemble ou chacun de son côté, des vidéos sur YouTube et des séries sur Netflix ou OCS. Le poste de télévision ne trône plus au milieu du salon et grâce, notamment à Netflix (5 millions d’abonnés français), Youtube ou le Relpay, on regarde ce qu’on veut, quand on veut et où on veut.

Quelques chiffres vertigineux
7,6 milliards de terriens / 4,2 milliards d’internautes / 3,4 milliards d’utilisateurs de réseaux sociaux (Facebook compte 2,334 milliards d’utilisateurs actifs par mois et Instagram, 1 milliard).

Même si certains gestes redeviennent tendance, c’en est fini (ou presque) des agendas papier, des calculettes, des lampes de poche, des agences de voyage, des radioréveils, des guichets SNCF, des photos imprimées, de la correspondance, des agences matrimoniales… Tout bouge à une telle vitesse que ce nouveau monde n’en est qu’à ses balbutiements.

Les moteurs de recherche sont devenus nos meilleurs amis
Pour tout savoir sur un pays, un acteur ou un évènement historique, il y a désormais Google. Le quotidien des écoliers, étudiants, entrepreneurs ou journalistes ne passe plus forcément par la bibliothèque. Payants ou gratuits, les sites d’information font un tabac et sont incroyablement pratiques lorsqu’ils sont bien utilisés. Si Wikipédia était un dictionnaire, il compterait 2.250.000 pages et un lecteur assidu aurait besoin de 123 ans pour le lire.

À noter : La plupart de nos recherches sont répertoriées et constituent des données sur notre profil. Celui-ci est devenu monnayable pour les géants du web : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft côté américains ou encore Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi côté chinois.

Quelques revers à la médaille
Il est désormais plus facile de donner rendez-vous à plusieurs personnes simultanément, de se retrouver, de prévenir d’un retard… mais ces échanges facilités et dématérialisés ont parfois leur revers. En effet, si tout paraît plus simple et plus rapide, il faut rester vigilant et faire un effort accru pour maintenir de vraies relations sociales régulières. Les jeunes adultes et adolescents de ce début de XXIème siècle en font l’expérience et fixent sans en avoir tout à fait conscience de nouvelles règles pour vivre ensemble. La dématérialisation des échanges permet aussi de retrouver de vieilles connaissances, de maintenir le contact avec des amis installés à l’étranger, mais attention, parfois, les relations se dématérialisent aussi dans une même ville !

Les selfies, les vidéos sont partout. Les smartphones, Snapchat, Instagram ou Pinterest sont devenus nos albums photos. On partage tout, mais on ne se voit plus. On prend des photos, on les stocke, on les partage, on les retouche, on les imprime… On se dit tout, mais on se parle moins ! Pour maintenir le lien avec les amis ou la famille les images se partagent en toute occasion. Fini, la carte postale obligatoire et subie pendant les vacances. Désormais les grands-parents et petits-enfants gardent le contact toute l’année et prennent plaisir à échanger simplement et avec un minimum de contraintes. Les liens sociaux et familiaux se recréent de manière différente.

Une révolution au quotidien
Vingt ans après le lancement du premier site de rencontres en France, leur fréquentation est devenue une pratique largement répandue. Ainsi, un Français sur quatre déclare s’être déjà̀ inscrit au moins une fois sur un site ou une application de rencontres, un couple sur cinq confie s’être rencontré en ligne et un divorce sur cinq s’affiche sur Facebook.

LinkedIn, Viadeo, Leboncoin… En quelques années, ces sites sont devenus indispensables pour les chercheurs d’emploi et les recruteurs, obligeant les acteurs traditionnels comme Pôle Emploi à évoluer. LinkedIn compte plus de 9 millions de membres en France. Ces derniers postent leur profil pour multiplier les contacts et les chances de faire évoluer leur carrière. Le principe du réseautage cher aux Anglo-Saxons a ainsi fait son apparition dans l’Hexagone. Twitter n’est pas en reste, puisque plus d’un utilisateur sur deux l’utilise à des fins professionnelles.

On achète tout à n’importe quelle heure
Du voyage à la paire de chaussures, tout est à portée de clic et livré à domicile. 37,5 millions de Français ont déjà acheté sur Internet. Les comparateurs de prix, les ventes privées et le black Friday peuvent être de véritables aubaines pour le consommateur à condition de ne pas en abuser. La barre des 90 milliards de ventes sur Internet a été franchie l’an dernier et on prévoit de passer le cap historique et symbolique des 100 milliards en 2019.

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La Loi Pacte favorise l’Investissement Socialement Responsable (ISR)

La Loi Pacte favorise l’Investissement Socialement Responsable (ISR)

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Plusieurs articles de la Loi Pacte permettent aux entreprises d’augmenter leur engagement en terme de Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE). D’autres permettent aux épargnants d’accéder à des investissements plus engagés.

Grâce à la Loi Pacte, épargnants et entreprises vont pouvoir renforcer leurs engagements envers une économie plus responsable. Jusqu’ici, l’Investissement Socialement Responsable (ISR) était principalement orienté vers les investisseurs institutionnels au profil spécifique. Or, cette nouvelle loi renforce les dispositifs d’épargne salariale vers plus de supports ISR, tout comme l’assurance-vie.

Des entreprises encore plus responsables
La Loi Pacte prend de nouvelles dispositions destinées à renforcer la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Un premier stade, applicable à toutes les entreprises, modifie le Code civil pour leur permettre de « prendre en considération » les enjeux environnementaux et sociaux dans la gestion de leurs activités. Un deuxième stade permet aux entreprises volontaires de définir une raison d’être. Enfin, un troisième stade permet à ces entreprises, de se transformer en société à mission.

Raison d’être et entreprise à mission, deux notions engagées
La raison d’être d’une entreprise correspond à l’objectif qu’elle se fixe. Il s’agit ainsi de répondre à trois questions en fonction du développement durable : pourquoi l’entreprise existe, qu’est-ce que l’entreprise apporte et en quoi le monde serait différent sans l’entreprise. C’est la première étape pour devenir une entreprise à mission. Dans ce cas, les objectifs de développement durable sont inscrits dans les statuts mêmes de l’entreprise et suit un objectif social ou environnemental.

La loi cherche également à développer l’économie sociale et solidaire à travers une réforme du label ESUS (Entreprises Solidaires d’Utilité Sociale). Les coopératives, par exemple, pourront faire appel à l’épargne publique pour se financer (ce n’est pas le cas aujourd’hui).

Enfin, les salariés seront plus impliqués dans les décisions stratégiques via une intégration plus grande au sein des conseils d’administration. Désormais deux salariés pourront siéger à un conseil d’administration de plus de 8 administrateurs contre un seul aujourd’hui. Du côté de la gouvernance, la loi prévoit aussi la publication des écarts de salaires dans les grandes entreprises

Une épargne durable
La loi prévoit aussi des aménagements concernant l’épargne pour lui permettre d’être orientée vers l’ISR (Investissement Socialement Responsable). Aujourd’hui, selon Novethic, seuls 0,3% de l’encours de l’assurance-vie est investi dans les fonds labellisés TEEC (Transition Énergétique et Ecologique pour le Climat) et ISR.

D’ici 2022, chaque contrat devra proposer à ses souscripteurs au moins une UC répondant à l’Investissement Socialement Responsable (label ISR), une autre destinée à financer la transition énergétique (label TEEC) et encore une autre estampillée finance solidaire (pouvant être fléchée par le label Finansol). Avant cette date, ce sera au moins une des trois. Les banques et assureurs devront aussi mieux informer leurs souscripteurs sur la part réelle de leur épargne allouée à la transition écologique ou au secteur solidaire et sur les rendements des contrats. Ces axes de développement devraient permettre à l’ISR de se développer auprès des particuliers de manière plus systématique.

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Les Français sont les champions de l’épargne

Les Français sont les champions de l’épargne

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Les Français font partie des européens qui épargnent le plus et la France reste une fourmi par rapport à ses voisins européens. Même si certaines tranches de la population épargnent plus que d’autres, les épargnants Français privilégient des placements avec peu de risques.

En février dernier lors d’une conférence de presse, Edouard Philippe, Premier ministre, soulignait que « l’épargne des ménages français est abondante ». En effet, les ménages interrogés dans le cadre d’une étude Insee publiée en 2018 déclarent un taux d’épargne de 14,4%, soit 7 735 euros en moyenne épargné par an. Pour les ménages les plus modestes, qui disposaient d’un revenu annuel de 22 800 euros, le taux d’épargne était de 7% soit un peu plus de 1 500 euros par an. Sans surprise, les ménages les plus riches épargnent plus. Ainsi, ceux qui gagnaient environ 80 000 euros par an, épargnaient 28% de leurs revenus, soit plus de 20 000 euros par an. Cependant, les épargnants restent prudents et sur la totalité du patrimoine brut, qui s’établissait fin 2018 à 12 000 milliards d’euros, 55% sont placés dans l’immobilier. Du côté du patrimoine financier qui représentait à la même date 4 765 milliards d’euros, 40% sont placés sur des contrats d’assurance-vie, majoritairement dans les fonds en euros (70% des encours), 30% dans les dépôts bancaires (dont 700 milliards dans les placements réglementés) et 22% seulement en actions.

Un taux d’épargne relativement stable dans le temps
Les Français sont les champions de l’épargne en Europe, mais leur taux d’épargne reste stable dans le temps. Selon les données de la Banque Mondiale, l’épargne brute représentait 23,4% du PIB français en 1999 contre 22,9% du PIB français en 2017. Le niveau d’épargne mondial était, quant à lui, de 24,3% du PIB mondial en 1999 et de 25,3% du PIB mondial en 2017.

Les dons des proches, un moyen pour les jeunes d’épargner
Les transferts privés, qui correspondent aux dons réalisés par les parents ou grands-parents à destination de leurs enfants ou petits-enfants, permettent d’aider les jeunes générations à débuter dans la vie. L’étude de l’Insee montre que ces « transferts privés » peuvent faire la différence dans la constitution de l’épargne. Assez naturellement, les dons vont des ménages les plus âgés (50 ans et plus) vers les plus jeunes (18 à 39 ans) et des ménages les plus aisés vers les plus modestes. Ainsi, les ménages les plus modestes qui épargnent 1 543 euros par an perçoivent en moyenne 882 euros de dons par mois. Les dons viennent donc accroître leur niveau d’épargne qui passe ainsi de 3 à 10% grâce à ces transferts privés.
De manière générale, les nouveaux entrants sur le marché du travail pratiquent plutôt une épargne de précaution pour anticiper un imprévu. Dès lors, les placements privilégiés sont ceux qui permettent de disposer à tout moment de liquidités (essentiellement des livrets bancaires). Après s’être installés dans la vie active, les Français souhaitent épargner à plus long terme avec pour objectif principal d’acheter leur résidence principale. L’horizon d’investissement étant compris en moyenne entre 5 et 10 ans, cet argent est principalement placé sur des contrats d’assurance-vie avec souvent un profil équilibré pour profiter d’un rendement relativement stable.
Selon un sondage Ifop mené en 2017, les 15/30 ans épargnent plus que le reste de la population. En effet, plus de trois jeunes actifs sur quatre (78%) déclarent réussir à mettre de l’argent de côté tous les mois, soit deux fois plus que l’ensemble des Français (35%).

À noter
La capacité à épargner varie selon le niveau de revenu de ces actifs. Ainsi, 91% des jeunes actifs appartenant aux catégories les plus aisées réussissent à épargner en moyenne 578 euros par mois. Cependant, ils sont encore 65% à pouvoir le faire parmi les catégories les plus pauvres avec 120 euros d’épargne chaque mois.

Les travailleurs d’âge moyen épargnent pour l’avenir
Les âges intermédiaires (40-55 ans) sont ceux qui disposent généralement des revenus les plus élevés. Par conséquent, ce sont ceux qui épargnent le plus, dans tous les domaines : précaution, immobilier, mais aussi pour leur retraite et l’avenir de leurs enfants. Les chiffres montrent que les produits spécifiques à l’épargne retraite ne sont pas les principaux placements utilisés et l’assurance-vie joue encore un rôle privilégié pour anticiper la baisse de ses futurs revenus. De plus en plus souvent, les épargnants de cette tranche d’âge se tournent vers l’épargne salariale proposée par leur entreprise. En effet, celle-ci concerne un salarié sur deux travaillant essentiellement dans les grandes entreprises. La surreprésentation des cadres parmi les bénéficiaires de ce type d’épargne explique que le taux de détention progresse en fonction de l’âge. Il est au plus haut entre 40 et 49 ans, car à cet âge, plus de 22% des ménages ont accès à un ou plusieurs produits d’épargne salariale.

Les retraités continuent à épargner
Les retraités, qui ont accumulé l’épargne au cours de leur vie active, sont ceux qui au moment de la retraite disposent du capital financier le plus important. Alors que, la baisse des revenus à la retraite pourrait pousser les retraités à puiser dans leur épargne, on constate pourtant l’inverse en pratique. En effet, ils continuent à épargner et de nombreux ménages le font pour aider ou transmettre ce capital en héritage à leurs enfants ou petits-enfants. Par ailleurs, la crainte d’une augmentation des charges liées à la santé ou à la perte d’autonomie les poussent à la prudence.

L’assurance-vie, le placement préféré des français
Selon l’Observatoire permanent de la banque, de l’assurance et du crédit (Operbac) dans une étude réalisée par l’Institut CSA auprès de plus de 8000 personnes, plus l’âge avance, plus l’assurance-vie reste le principal produit d’épargne privilégié. Ainsi, 44% des avoirs placés en assurance-vie sont détenus par les 65 ans et plus, contre 5% par les moins de 35 ans. Même si les séniors représentent moins du quart de la population, ils détiennent près de la moitié des sommes placées en assurance-vie (44%). À contrario, si les jeunes âgés de moins de 35 ans représentent 27% de la population majeure, ils ne disposent que de 5% des encours de l’assurance-vie. La tendance s’équilibre pour la tranche d’âge comprise entre 34 et 64 ans qui représente plus de la moitié de la population majeure (52%) et détient également la moitié des encours en assurance-vie (51%).
L’encours augmente également avec l’âge. Le montant moyen des sommes investies en assurance-vie se situe à 10 700 euros pour les 25-34 ans et atteint 31 500 euros pour les 45-54 ans. Les 65-74 ans détiennent en moyenne 58 700 euros sur leur contrat et pour les 75 ans et plus, le placement s’élève à 63 000 euros en moyenne.

À savoir
Les septuagénaires et les octogénaires continuent selon l’étude de l’Operbac à alimenter leur contrat d’assurance-vie même si les avantages fiscaux ou de transmission diminuent considérablement après 70 ans.

Les Français sont des fourmis et restent très prudents pour leur épargne. Les gouvernements successifs ont essayé de rendre le risque plus avenant, mais l’assurance-vie en fonds en euros reste leur placement préféré. Un support d’investissement qui devrait continuer à séduire compte-tenu des problématiques de financement de la retraite qui devrait les pousser à poursuivre leur épargne.

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