LE COÛT DES HÉBERGEMENTS EN MAISON DE RETRAITE DÉPASSE LA RETRAITE MOYENNE

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Séjourner dans une institution pour personnes âgées coûte, en moyenne, plus de 2 500 € par mois, ce qui oblige les retraités à utiliser leur épargne. Par ailleurs, les prix affichés par les établissements ne respectent pas toujours la réglementation.

Trois études récentes ont été menées sur ce sujet : 
– l’une de l’agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH) ;
– l’autre de l’Observatoire Cap Retraite ;
– la dernière de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, du ministère de l’Économie.

​CHÈRE MAISON DE RETRAITE…

Le coût total d’une place d’un hébergement permanent en Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) est estimé à 34 707 € par an, soit 2 892 € mensuels en 2012 selon une enquête réalisée par l’ATIH (agence technique de l’information sur l’hospitalisation).

Cette étude a été effectuée à partir d’un panel de 821 Ehpad sur un échantillon de 50 établissements caractéristiques de l’éventail complet des options tarifaires.
Des informations complémentaires sont disponibles sur le site : www.atih.sante.fr

Selon Cap Retraite (prestataire conseil en maisons de retraite), le tarif d’hébergement moyen d’un Ehpad serait, tous établissements confondus, de 1 769 € par mois (donc moins élevé que pour l’ATIH). Mais il est très variable selon les implantations géographiques.
Il est nettement plus élevé à Paris (3 294 € par mois), dans les Hauts-de-Seine (2 806 €) et les Yvelines (2 562 €). C’est en Vendée et dans la Meuse qu’il est le plus bas.

REVENUS DES RETRAITES  ET COUT DU SÉJOUR EN EHPAD

Dans tous les cas, que l’on retienne les chiffres ATIH ou ceux de Cap Retraite, le coût d’une personne âgée en institution est supérieur au montant moyen de la retraite qui, tous âges, sexes et catégories confondus était en 2009 de 1 194 € (selon le ministère de la Santé, Etudes et Résultats n° 757).

Lorsque les revenus de la personne âgée ne permettent pas l’accès à une maison de retraite proche de son domicile, les familles peuvent alors faire le choix d’un éloignement géographique pour trouver un établissement moins onéreux.
Sinon, lorsque les ressources de la personne âgée sont inférieures au coût du séjour, elle doit « ponctionner » ses économies, louer ou vendre sa résidence principale pour compléter son financement. Heureusement, 73 % des retraités sont propriétaires de leur logement (selon la Lettre du Conseil d’orientation des retraites de février 2014).

La personne âgée peut aussi obtenir des aides, comme l’APA (allocation personnalisée d’autonomie) ou avoir eu la bonne idée de souscrire un contrat d’assurance qui lui versera une rente mensuelle en cas de dépendance.

​TARIFICATION : DE NOMBREUSES INFRACTIONS

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a contrôlé 278 établissements hébergeant des personnes âgées et a constaté que près de la moitié sont en infraction.

Les manquements suivants ont été constatés par les agents de la répression des fraudes :
– l’absence d’affichage des prix par certains établissements, mais surtout par les professionnels intervenants extérieurs (pédicure-podologue, coiffeur, esthéticienne, etc.),
– des hausses de prix illicites, sans demande de dérogation ou malgré une dérogation
refusée,
– des contrats de séjour trop flous, l’absence du livret d’accueil et de la charte des droits
et libertés de la personne accueillie, pourtant obligatoire,
– des montants facturés ne correspondant pas à ce qui a été annoncé,
– la conservation du dépôt de garantie pour la remise en état de la chambre.

​DES FRAIS DE DOSSIER ET DE RÉSERVATION EXCESSIFS

La DGCCRF relève, par ailleurs, que ces établissements appliquent des frais de dossier et des frais de réservation très divers. De l’un à l’autre, les arrhes sont comprises entre 300 € et 1 525 € ou calculées sur la base du montant du séjour, par exemple à hauteur de 20 %.

Quant au dépôt de garantie, il varie entre 1 300 € et 2 300 € pour les résidents.
La nouvelle loi consommation interdit la facturation de frais de remise en état de la chambre s’il n’y a pas eu d’état des lieux dressé à l’arrivée du résident. Enfin, le projet de loi d’adaptation de la société au vieillissement devrait faciliter la comparaison des tarifs entre établissements.