Placements : identifier votre profil d’épargnant

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Les Français privilégient la sécurité à la performance pour leur épargne, c’est pourquoi les placements liquides à capital garanti les rassurent. Pour choisir des produits adaptés à ses objectifs et à son appétence au risque, identifier son profil d’investisseur est une étape importante. C’est une condition majeure pour épargner en toute sérénité.

Livrets d’épargne, assurance-vie, sicav, actions, immobilier… certains placements correspondent plus à vos projets que d’autres. En pratique, le choix va dépendre de plusieurs critères : vos objectifs (constituer une épargne de précaution, préparer votre retraite, acheter un bien immobilier, générer des revenus immédiats…), le temps dont vous disposez, votre situation familiale ou patrimoniale et les risques que vous être prêt à prendre. Pour choisir les bons placements vous devez donc vous poser certaines questions et déterminer votre profil d’épargnant.

Profil prudent : la sécurité avant tout

Si, comme une majorité d’épargnants, vous souhaitez limiter les risques et privilégier la sécurité pour vos investissements, vos avoirs doivent être protégés des aléas des marchés financiers. Dès lors, la performance est secondaire et vous privilégiez les produits d’épargne à capital garanti, quel que soit votre horizon de placement. Pour faire face aux imprévus, vous pouvez ouvrir des livrets d’épargne comme le Livret A, le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) ou le Livret d’Épargne Populaire (LEP) si vous êtes faiblement imposé. Défiscalisés et sans frais, ces produits rapportent peu, mais ils peuvent être alimentés à votre rythme et l’épargne est récupérable à tout moment. Les livrets bancaires et les sicav monétaires sont aussi adaptés pour vos projets à court terme. Certes, ils sont fiscalisés, mais ils sont assortis de plafonds de dépôts plus généreux que les livrets réglementés.
Si vous pouvez épargner régulièrement et bloquer votre épargne un certain temps, vous pouvez souscrire un Plan d’Épargne Logement (PEL). La rémunération obtenue ne sera pas très importante après impôts, mais vous pourrez bénéficier d’un prêt à un taux avantageux pour acheter votre logement. Ce prêt augmentera votre apport personnel et facilitera parfois l’obtention de l’emprunt bancaire nécessaire à une acquisition immobilière. Pour des placements à long terme, l’idéal consiste à ouvrir un contrat d’assurance-vie en euros. Vous êtes alors certain que vos avoirs placés ne diminueront pas, qu’ils resteront disponibles, et que vous pourrez les récupérer ou les transmettre dans un cadre fiscal avantageux. Dans un contexte de baisse de rendement des fonds euros, il est recommandé de privilégier les contrats distribués par les associations d’épargnants, souvent mieux rémunérés que les contrats d’assurances-vie classiques.

Profil équilibré : des risques mesurés

Confrontés aux faibles performances des placements sécurisés et à la remontée de l’inflation, de nombreux épargnants sont prêts à faire courir quelques risques à leur argent pour favoriser son rendement. Si c’est votre cas, intéressez-vous aux obligations pour vos projets à moyen ou long terme. Le risque de défaillance de l’émetteur étant faible, vous êtes quasi certain de récupérer votre mise à l’échéance. Même si les rémunérations obligataires sont actuellement très basses, elles restent néanmoins intéressantes pour les investisseurs à long terme. Selon l’AMF (Autorité des Marchés Financiers), les obligations d’État ont permis de dégager un rendement annuel moyen net de 3,3% sur les 10 dernières années. Autre solution, les sicav et les fonds commun de placement, à acquérir dans le cadre d’un contrat d’assurance-vie ou d’un plan d’épargne salariale plutôt qu’en compte titres pour réduire la pression fiscale. Ces produits proposent des fonds obligataires plus ou moins risqués et des fonds profilés, qui mélangent à des degrés divers plusieurs classes d’actifs (produits monétaires, obligations, actions).
Pour diversifier votre épargne à long terme, pensez à l’immobilier. Selon vos moyens, vous pouvez investir dans des parts de Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) pour un rendement immédiat, ou réaliser un investissement locatif à crédit pour un revenu différé. Si vous êtes fortement imposable, vous réduirez la note en acquérant des parts ou un bien éligible au dispositif fiscal Pinel (pour l’immobilier locatif neuf) ou Malraux (pour l’immobilier ancien à réhabiliter). Enfin, pensez aux produits d’épargne retraite pour préparer vos vieux jours. Ils offrent aussi des avantages fiscaux non négligeables pendant la phase d’épargne. Par ailleurs, ils ont gagné en souplesse avec la création du nouveau Plan d’Épargne Retraite (PER) inscrit dans la Loi Pacte.

Chiffre clé : Le taux d’épargne des ménages a atteint 14,2% en 2018, selon l’Insee. Il s’agit de la part des revenus disponibles mise de côté. Les Français font partie des européens qui épargnent le plus, avec les Suédois, les Allemands et les Hollandais.

Profil dynamique : la quête de la performance

Selon un sondage réalisé début 2019 par l’institut Odoxa pour le quotidien économique Les Échos, 70% des Français voient avant tout dans les placements boursiers un risque de perdre leurs économies. Les autres y voient plutôt une opportunité de gagner plus d’argent, mais seuls 19% des personnes interrogées se déclarent prêtes à investir dans des actions de sociétés. Ces dernières cherchent à profiter du dynamisme des marchés en investissant dans des placements qui offrent un fort potentiel de rendement mais aussi une forte volatilité (leur valeur n’est pas stable et peut monter ou baisser d’un jour sur l’autre) et un risque de perte élevé.
Actions, sicav actions, Fonds Communs de Placement (FCP) dynamiques ou offensifs, trackers… toutes ces valeurs mobilières peuvent être logés dans un compte titres ordinaires et, pour certaines, dans un Plan d’Épargne en Actions (PEA) ou une assurance-vie. Le compte-titres permet d’investir dans une large gamme de titres, cotés et non cotées en Bourse, en France et sur tous les marchés internationaux. Le PEA et l’assurance-vie sont plus restrictifs, mais aussi bien plus favorables fiscalement parlant car les dividendes et les plus-values générés en leur sein sont exonérés d’impôt (pas de prélèvements sociaux) en l’absence de retrait. Ces supports d’épargne sont à privilégier pour profiter du rendement et de la croissance de vos titres à l’abri de l’administration fiscale. Si vous êtes lourdement imposable, vous pouvez aussi investir dans certains fonds à risques (FCPR, FCPI…) : vous obtiendrez une confortable réduction d’impôt à la souscription et une exonération d’impôt sur vos gains à la sortie.

Bon à savoir
Il est recommandé de gérer les placements boursiers en complément d’une épargne mobilisable en cas de coups durs. Vous évitez ainsi d’avoir à liquider vos actifs à risque au pire moment.

Profil anti-impôts : attention à l’aveuglement

Les réformes fiscales entrées en vigueur en 2018 sont très favorables aux épargnants, en particulier à ceux qui sont lourdement taxés. D’une part, la création de la « Flat Tax » de 12,8% a permis de limiter l’imposition des revenus et des plus-values générés par votre épargne. D’autre part, la transformation de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF) en Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) a permis de faire sortir vos placements financiers de votre patrimoine taxable. Cette nouvelle donne ne vous interdit pas de privilégier les supports d’épargne qui permettent de réduire la note à payer à l’administration fiscale. Les livrets d’épargne réglementés (Livret A, Livret de Développement Durable et Solidaire, Livret d’Épargne Populaire et Livret Jeune) permettent de générer des revenus entièrement défiscalisés. Quant à l’assurance-vie, le Plan d’Épargne en Actions et les Plans d’épargne salariale, ils permettent de générer des revenus soumis uniquement aux prélèvements sociaux ou taxés à un taux forfaitaire réduit.
Les moyens de se constituer un patrimoine avec l’aide du Trésor Public sont également nombreux. En effet, l’État accorde d’importantes réductions d’impôt aux contribuables qui épargnent pour leur retraite, qui investissent dans l’immobilier locatif ou qui soutiennent l’économie réelle. Cependant ne vous laissez pas aveugler par la seule attractivité fiscale. Les bonus fiscaux sont toujours assortis de contreparties contraignantes (conserver votre placement pendant une certaine durée, louer en dessous des prix du marché…). Certains avantages sont aussi destinés à compenser les risques associés au placement souscrit. Il est donc impératif de prendre connaissance de ces contraintes et de ces risques avant de vous engager.

Pourquoi épargnez-vous ?

• Selon le baromètre « Les Français, l’épargne et la retraite » réalisé par l’institut Ipsos en 2018 67% des Français épargnent pour se constituer une épargne de précaution. Le second objectif est la préparation de la retraite (29%), suivie du souhait de s’assurer contre le risque de dépendance (25%). Enfin, 23% épargnent pour aider leurs enfants ou leurs petits-enfants, 19% pour financer un achat important (meubles, voiture…), 13% pour financer l’achat d’un bien immobilier et 5% pour défiscaliser.
• Pour 47% des Français il est important de mettre de l’argent de côté pour l’avenir. Cependant, 26% préfèrent dépenser leur argent. 62% des épargnant préfèrent un placement sans risque même s’il rapporte peu et 15% préfèrent souscrire un placement très risqué mais susceptible de rapporter beaucoup.
• Le meilleur placement pour épargner est l’assurance-vie pour 44% des Français, les Livrets réglementés pour 35%, les Plans et comptes épargne logement ou l’épargne salariale pour 27%, et le Plan d’Épargne en Actions ou le compte titres pour 8%. L’assurance-vie est également considéré comme le meilleur placement pour la retraite par 45% des Français, contre 13% seulement pour les produits d’épargne retraite comme le Perp ou le contrat Madelin.

8 Français sur 10 détiennent un Livret A,
4 sur 10 un contrat d’assurance-vie, et
1 sur 10 seulement un produit d’épargne retraite.